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Lorsque la vie était en noir et blanc


Comme si le temps s'était arrêté. Figée dans une délicate pose tranquille, la vie semble alors au ralenti. Du regard mystifié par l'objectif au sourire béat des retrouvailles de l'après-guerre, les émotions semblent se savourer goutte à goutte et coller à la peau tel un nectar sucré. Ni la vie, ni le temps ne peut se vivre en accéléré lorsque le noir et le blanc dominent.


Une impression de lenteur et de calme se dégage incontestablement des clichés en noir et blanc. Impression frivole ou réminiscence d'un inconscient collectif archaïque, au temps présent ou passé, les images en noir et blanc respirent lentement.


Les images monochromes imposent une puissance qui n'a point besoin de mots. Autoriser un voyage dans le temps, donner l'envie de se vautrer dans une dentelle de fumée ou murmurer des airs musicaux oubliés ne se fait que par l'éloquente magnificence du ton sur ton.


Il y a des moments où je ressens le profond besoin de cette indolence, la viscérale envie que le temps prenne son temps. Et c'est lorsque je ferme les yeux que j'entends le son du noir et du blanc qui valsent dans une vaste scène monochrome. Leur poussière argentée se dépose ainsi sur moi. Je prends alors mes pinceaux et je tangue avec eux.


Je sens doucement l'influence de cette alliance grandir en moi et s'immiscer dans mon inspiration. De grands canevas maquillés de noir et blanc jonchent désormais le sol de mon atelier. Bientôt. De nouveaux personnages poseront sous peu leur regard mystifié sur ma lentille. Et c'est avec un sourire béat sur les lèvres que je vous les présenterai.